Histoire de Théoule
Dans l’Antiquité, Théoule est le seul abri entre Toulon et Antibes. À l’origine, la localité ne compte qu’une trentaine d’habitations et abrite un port de pêche auquel on peut accéder par un petit chemin dit « Trayas ».
Saint Eucher (370 – 449) seigneur d’Avinionet et d’Estérel avait un domaine englobant notamment la région de Mandelieu et Théoule. Il fut par la suite ermite un temps dans une grotte du Cap Roux, puis à Saint-Honorat. Une légende dit que sa fille Tullia (sainte Tulle) aurait été enterrée dans un jardin du vallon de Telo à Théoule, mais aucun indice archéologique n’est venu le confirmer.
Pendant le haut Moyen Âge, la région reste sous la prépondérance des moines de Lérins.
En 1284 l’abbaye de Lérins cède ses droits sur la région, notamment sur le domaine d’Avinionet, aux seigneurs de Villeneuve.

Jusqu’au début du XV ième siècle la région est régulièrement victime de bandes de pirates dont le célèbre Barberousse.
Les de Villeneuve furent pendant quatre siècles seigneurs de La Napoule; en 1460 Antoine de Villeneuve fit repeupler la région désertés par une vingtaine de familles venues d’Italie.
Les seigneurs de Villeneuve contrôlaient aussi la pêcherie de Théoule, qui couvrait la majeure partie du golfe de La Napoule. Seul un petit sentier muletier allant jusqu’au Trayas permettait alors, depuis La Napoule, d’accéder au hameau d’une trentaine de cabanes sur le site de Théoule. Les Rochers des Pendus entre Théoule et La Napoule auraient servi de gibet pour les seigneurs de Villeneuve.
Vers 1630, en pleine guerre de Trente Ans, face aux incursions espagnoles (ceux-ci occupaient alors les îles de Lérins), une tour de défense, dite « tour Richelieu », est construite au niveau de Théoule, elle se situait au niveau de la propriété actuelle dite « de la Batterie ». Vers la même date, Gaspard de Villeneuve fait construire une fabrique de savon dénommé Château de Théoule.
L’Esterel restait peu sûr.
Gaspard de Besse, un célèbre brigand, régnait sur les chemins de l’Esterel.
A l a Pointe de l’Aiguille la grotte de Gardanne est ainsi nommée à cause d un célèbre contrebandier, qui s’y était réfugié à la fin du XVIII iéme siècle.
En 1851 le hameau de Théoule, qui dépend administrativement de la commune de La Napoule, ne compte que sept ménages et 23 habitants.
La gare de Théoule n’est construite qu’en 1883 (le conseil municipal de Mandelieu proteste contre le choix de Théoule, préféré à La Napoule pour l’emplacement de la gare, en raison de l’influence de personnalités comme Paul Pierron, propriétaire du château de la Galère. La famille Pierron fit don d’un terrain à la Congrégation de Saint-Camille de Lélis, qui y construisit une maison de convalescence ainsi qu’une chapelle.
En 1864 Louis Frémy, un ami de l’impératrice Eugénie, inspecteur général des Chemins de fer, achète le domaine de Maurevieille (de La Napoule jusqu’à la Figueirette et englobant Théoule). En 1888, Louis Frémy lotit sa vaste propriété et la plupart des lots sont achetés par des bourgeois lyonnais qui y construisent de somptueuses résidences.
Des parfumeurs de Grasse, notamment les familles Fragonard et Fanton d’Andon, firent aussi l’acquisition de villas luxueuses au début du XX iéme siècle.
En 1898 est créé un syndicat de propriétaires du quartier de Théoule, qui déplore l’isolement de la localité et le peu d’attention que lui porte la municipalité de Mandelieu.

Abel Ballif président du Touring club de France, qui est à l’origine de la construction de la route de la Corniche d’Or, batit à Théoule la villa Sainte-Luce,
Le Trayas connaît à son tour un essor de fréquentation touristique, notamment à partir de la construction en 1906 de l’Estérel-Grand-Hôtel,
Le 24 mars 1929, Théoule devient une commune (« les hameaux de Théoule, la Galère et la Figueirette sont distraits de la commune de Mandelieu et érigés en commune sous le nom de Théoule-sur-Mer » grâce à CHARLES DAHON qui en fut le premier maire .
Un certain nombre de familles italiennes s’installèrent à Théoule vers la fin du XIX iéme siècle et au début du XX iéme siècle, le plus souvent celles d’hommes employés dans les travaux de construction du chemin de fer, puis de la route de la corniche d’Or.
Le mimosa, arbre emblématique de Théoule, importé d’Australie à la fin du XIX iéme siècle prospère et au début du XX iéme siècle, Théoule abrite l’une des plus grandes cultures de mimosa de Provence, comptant plus de 4000 arbres.

Des notabilités (oubliées) Henry Deutsch de la Meurthe, le général Paul Goudine Levkovitsch, le baron Albert de l’Espée, Léon Montier Eugène de Quay, etc… habitèrent à Théoule.
Le château de la Galère est racheté en 1922 par Francis Perret (un menuisier lyonnais enrichi pendant la Première Guerre mondiale par la construction de cercueils pour l’armée française ! ).
Le château est alors fréquenté par des aviateurs célèbres comme Jean Mermoz, Maryse Bastié, Hélène Boucher, Henri Guillaumet, ainsi que par des cinéastes, écrivains et artistes réputés. Pendant la décennie 1950 des réceptions liées au Festival de Cannes y furent même organisées.
En 1925 l’architecte Barry Dierks fait construire la magnifique villa Le Trident, un édifice moderniste, à la pointe de l’Esquillon.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Théoule devint un véritable repaire de célébrités: Jean Sablon, André Dassary, Umberto II et son épouse Marie-José de Belgique, Raf Vallone, Martine Carol, Gisèle Pascal, Louis Féraud, Pierre Cardin (il acheta en 1979 le castel Hacket, à la pointe Saint-Marc, et en 1991 la « Maison Bulles création de l’architecte hongrois Antti Lovag), Serge Dassault et de nombreux autres hommes politiques (par exemple Bernard Pons et Pierre Méhaignerie) et personnalités du monde du spectacle ou du milieu des affaires fréquentèrent et fréquentent encore Théoule.